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17 octobre 2012 3 17 /10 /octobre /2012 12:59

Tombé amoureux un dimanche.

 

C’était un samedi ou peut-être un dimanche.

Par une douce journée ensoleillée. De ces journées éclatantes de la fin d’hiver, qui annoncent de manière tonitruante l’arrivée d’un printemps radieux. Une journée éclatante comme une ponctuation météorologique d’exclamation, un hoquet de la nature qui nous signale, qu’elle aussi, trépigne d’impatiente de retrouver les beaux jours. Et comme la nature est bien faite, elle s’arrange pour que ces journées correspondent avec un week-end.

C’était un samedi ?

Nous profitions comme beaucoup de la chaleur timide des premiers rayons de soleil. Ces premiers rayons qui réconfortent plus qu’ils ne réchauffent.

Il faisait beau et je la regardais parler.

Caroline.

Une jolie fille sucrée, pétillante, effervescente et fraîche comme le diabolo grenadine BIO et sans sucre, qu’elle avait commandé. Elle tenait sa tête ronde bien droite et bien détachée de ses épaules sur son long cou. Un petit nez droit. De jolies lèvres pulpeuses et joliment dessinées qui affichaient un sourire désarmant. Ce sourire capable de désamorcer n’importe quelle situation devenue critique, entre deux puissances belligérantes et le doigt rageur apposé sur le bouton du feu d’artifice atomique mondial. De grands yeux marron tirant parfois sur le noisette, en fonction de ses humeurs. Un regard profond malicieux et très expressif. Des oreilles rondes de lionne et une crinière brune tirée en arrière se terminant par une queue de cheval placée haut sur la tête, lui révélant le léger duvet de sa nuque sensuelle. Et puis il y avait sa petite mèche qui venait toutes les dix secondes lui barrer son front. Mèche qu’elle rangeait méthodiquement, d’un geste très précis, derrière son oreille. Mèche qui refusait promptement d’obéir à sa propriétaire pour revenir jouer sur son visage au gré de la brise légère.

Ou un dimanche ?

Je l’ai rencontré seul. Nous ne savions rien l’un de l’autre. Aucuns amis en commun. La vraie rencontre. La rencontre instinctive et spontanée sans aucune arrière-pensée. Une seule parole et le fluide est passé. Un sourire, un regard complice mais intimidé, une imperceptible rougeur sur les joues et le jeu de la séduction était lancé. Nous savions inconsciemment que nous allions nous revoir. Elle était responsable d’une galerie culturelle dédiée à l’œuvre d’un poète philosophe tchèque disparu, dont le nom était plus facile à mâcher qu’à prononcer. Le pauvre avait vécu une existence terrible, tiraillé entre la pauvreté, la faim et la maladie. Ses textes profonds, sombres et voilés d’amertume laissait pourtant transparaître l’espoir d’une vie meilleure, juste avant qu’il meurt de faim. Ou de maladie. Ou les deux en même temps. La pauvreté ne tue pas, elle garde ses victimes vivantes, c’est bien plus cruel. C’est certainement pour cette raison qu’il est devenu philosophe. Ma curiosité maladive m’avait poussé à entrer dans la galerie. Il y allait avoir une lecture de ses textes par un réfugié politique chilien. Un réfugié politique chilien qui parle tchèque, j’avais trouvé le concept amusant sans entrevoir la portée culturelle. Je lisais l’histoire sordide sur de grands panneaux quand Caroline s’approcha de moi et me présenta l’homme, son histoire, sa vie son œuvre.

Je n’ai rien retenu. Elle était si belle que j’avais perdu 1/10ème de correction à chaque œil, tant elle était éblouissante.

« Pavel est donc l’auteur d’une douzaine de conte très particuliers, qui ne lui ont jamais rapporté le moindre argent, mais dont la portée culturelle est indéniable, ceci alimenté par ce dur et constant manque de nourriture… »

Me dit-elle totalement inspirée, et moi totalement inspiré par elle, je n’ai trouvé qu’à lui répondre par une plaisanterie.

« C’est vrai qu’il est difficile d’alimenter un conte par un tchèque sans provisions… »

Au départ très fier de ma répartie humoristique, je m’aperçu rapidement de la mesure du bide intersidéral que je venais de subir. On ne plaisante pas avec la culture. Mais ses yeux pétillaient. Elle avait envie de rire, mais ne pouvait pas. Le moment qui suivit nous laissait chacun indécis et hésitant. Cet embarras dans lequel on se glisse volontiers, silencieux, attendant la réaction de l’autre. L’échange de regard, de sourire, puis une timide prise de parole simultanée, ajoutant encore plus à notre embarras. Et puis il y eut ce regard qui ne ment pas, chargé de sincérité, chargé d’émotion.

Nous étions installés à une table d’une terrasse d’un café parisien.

Elle était en face de moi et je la regardais parler.

Je ne pouvais pas faire autrement que de la regarder parler, puisqu’elle ne me laissait pas le temps, ni l’occasion, d’en placer une ! Elle parlait sans arrêt. Quand je tentais, odieusement, de l’interrompre, en levant chichement la main pour signaler que mes cordes vocales débutaient, à peine, de vibrer du souffle, qui allait composer un futur « oui » ou un enthousiasmant « moi aussi » elle intervenait délicatement, mais efficacement. Elle apposait ses mains douces sur la mienne et en exerçant dessus, une pression verticale destinée à ma main de retrouver le contact rassurant de la table. Et ceci, sans arrêter de parler. Paroles qui, pendant ce temps, se faisaient plus mielleuses, plus compatissantes, presque maternelles dont le but clair et non dissimulé, était de me faire comprendre qu’il était inutile de résister. Elle aura toujours le dernier mot et il valait mieux que je ferme ma gueule, plutôt que de l’ouvrir et de dire des conneries. Conneries qui n’ajouteront rien d’intelligemment constructif, à la discussion que nous avions.

Ou plutôt : à la discussion qu’elle avait.

Un mercredi ???

Elle parlait vite, passant d’un sujet à un autre, sans aucune transition. Elle composait des phrases interminables en exploitant plusieurs thèmes simultanément et n’ayant aucun rapport entre eux. Du moins, rapports que nous, les hommes, nous ne pouvons aucunement faire, car la liaison est dépendante de la fumeuse... de la fameuse, logique féminine. Comme les exemples suivants : Epilation et courroie de distribution. Maillot de bain et garage. Chaussures et agrafeuse.  D’un premier abord, cela semble très abstrait, mais au bout de trente minutes d’écoute attentive, vous pouvez entrevoir le début d’une explication. Au départ fugace, diffus, et puis totalement nébuleux, vous concevez la singularité de l’explication en apposant un parallélisme systématique des trente minutes précédentes sur les trente minutes actuelles d’écoute. Ce qui, je le conçois,  nécessite un considérable effort de concentration et de mémoire. Et soudain au bout d’une heure, la vérité vous apparaît comme elle m’ait apparue. Ce qui semble totalement évident pour un esprit masculin en faisant le trop rapide et très élémentaire rapprochement : Courroie de distribution / garage, ainsi qu’épilation / maillot de bain, ne l’est, pour Caroline, qu’après avoir compris comment une agrafeuse s’est retrouvée dans une de ses chaussures. Sans comprendre cette singularité, il vous est impossible de faire la liaison entre courroie de distribution / garage et épilation / agrafeuse... Non ! Chaussure…

Je suis sûr que c’était un week-end !

....

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Les dangers de l'alcool...

... Chez les enfants de 3 ans. Moi, à 3 ans, je savais déjà où mon tonton planquait sa bouteille de gnôle. Attention pas du tout venant, du costaud, du balèze, du lourd, de l'alcool de bûcheron des plaines de sibérie. Mon Tonton, il en mettait même dans son Solex. Après en avoir bu un verre, mon Tonton, il faisait une grosse sieste. Et moi j'en profitais pour téter la boutanche quand tonton pionçait sur son fauteuil. J'ai l'alcool imaginatif, qu'est-ce que je peux raconter comme connerie quand je suis torpillé ! Mais à 3 ans, mon trip, c'était de me déguiser en "Majorette"
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